Choisir ou Ne pas choisir, voilà la question!

 

choisirCombien de fois, dans notre vie de tous les jours, disons-nous : « Ben, j’ai pas le choix! » et qu’on reçoit comme réponse : « Oui, on a toujours le choix! » Et c’est vrai. J’ai le choix de me lever ou non le matin pour aller travailler. J’ai le choix de prendre ou non une médication.  J’ai toujours le choix, mais je devrai aussi vivre avec les conséquences de mes choix. Et souvent, vous remarquerez que vos choix se porteront sur ce qui sera le plus payant pour vous à court, moyen ou long terme. De façon consciente ou inconsciente.

Je choisis de me lever pour aller travailler, car je serai gagnante d’un salaire  qui me permettra de  faire mon épicerie samedi, de m’acheter ce livre, ce vêtement que je désire, etc.

Je choisis de prendre ma médication, parce que je ne ressentirai plus ce malaise qui m’assaille lorsque je ne le prends pas.

Je choisis de ne pas rouler à 160 km/heure sur l’autoroute, car je veux conserver mon argent pour m’acheter quelque chose d’utile plutôt que de payer une contravention.

Je choisis de ne pas texter au volant parce que j’aimerais bien pouvoir me conserver en vie encore longtemps.

Les exemples pourraient être fort nombreux pour le démontrer.

Maintenant, retournons-nous vers l’animal qui partage notre vie et examinons son côté de médaille et svp, pas celle qui lui pend au cou et dont nous reparlerons d’ailleurs dans notre premier exemple.

Cet individu qui vit avec nous, d’une autre espèce, mais un être vivant avec des besoins et des émotions, tels que nous en avons aussi, mais qui peuvent être fort différents.

Lui, cet individu, a-t-il toujours le choix? L’a-t-il parfois?

A-t-il le choix d’avoir ces médailles au cou et qui tintent si fort, car bien trop près de ses oreilles tellement plus sensibles que les nôtres?

A-t-il le choix de se retenir la nuit, alors que lui aussi, peut-être, irait parfois se soulager au milieu de la nuit?

A-t-il le choix sur le modèle d’éducation que nous utiliserons pour en faire un bon citoyen canin?

A-t-il le choix de …

  • coucher ici ou là?
  • de manger ceci ou ça, à ce moment-ci ou à ce moment-là, cette quantité-ci au lieu de celle-là?
  • de sortir à ce moment-ci, mais pas à celui-là?
  • de subir la caresse parfois?
  • de vivre dans la solitude des heures durant?
  • de faire des activités quand bon NOUS semble?
  • de mettre de côté ses comportements canins normaux, car ils nous dérangent, lui retirant même le droit d’agir comme un chien?
  • de voir ses besoins se retrouver bien loin sur la liste « à faire » de ses humains?
  • de s’adapter du mieux qu’il peut dans un monde qui n’est pas le sien?

Comme pour nos propres choix, les exemples pourraient être fort nombreux pour démontrer qu’il a bien peu le choix.

Et c’est justement parce qu’il l’a si peu souvent qu’on doit lui donner à chaque fois que cela est possible. Laissez-le alors être simplement l’être qu’il est et donnez-lui le droit de décider et de simplement exister en toute liberté. Vous aurez alors le bonheur de découvrir qui est cet animal qui vit avec vous et non celui que vous voulez qu’il soit ou que vous croyez qu’il est.

Apprenez le langage canin, observez bien les comportements qu’il produit pour dire « oui » ou pour dire « non ». Vous verrez qu’alors, vous entrerez vraiment en communication avec votre animal et que la relation s’établira de façon beaucoup plus saine et  agréable.

Lorsque j’entraîne un chien, je m’assure toujours de vérifier, à plusieurs occasions, si le chien désire poursuivre ou non l’entraînement. La confiance, la compréhension et la collaboration qui en résultent n’ont d’égales que les résultats obtenus.

Avoir le choix est un excellent renforçateur pour toutes les espèces. Il fournit une motivation que l’obligation à faire n’offre pas.  Comment pourrions-nous prétendre le contraire, alors qu’il nous est souvent bien pénible d’être forcé à faire quelque chose? Comment vous sentez-vous lorsqu’une personne vous manipule pour vous emmener à faire quelque chose que vous n’aviez pas envie de faire? Comment vous sentez-vous quand vous êtes pris dans une situation où il vous est impossible d’aller éliminer quand vous en avez envie? Pour l’animal qui vit avec vous, c’est bien plus souvent qu’autrement, son lot quotidien.

Offrir le choix, c’est permettre à notre relation humain/chien de s’établir sur des bases beaucoup plus respectueuses. Et surtout, elle reposera sur une communication beaucoup plus claire et beaucoup plus saine, qui vous permettra d’augmenter votre compte de confiance. Votre animal vous en sera assurément reconnaissant, à sa manière…

Danielle Godbout est coach en comportement canin à Québec. Ses interventions sont basées sur le modèle éthologique et celui de l’analyse appliquée du comportement (ABA). En 2014, en compagnie d’une collègue, Brigitte Tardif, elle a ouvert une école de formation en comportement canin qui s’adresse à tous les propriétaires de chiens. Danielle est une véritable passionnée du comportement . Son principal objectif est d'aider les humains et les chiens à vivre ensemble et en harmonie. Elle a à cœur d'aider les chiens jugés «différents», ceux qui ne correspondent pas à l'image de « Lassie ». Sa petite Keena, une petite chienne Carlin qui avait été abandonnée pour sa différence, l’a poussé à s’ouvrir à une meilleure compréhension de ces chiens qu’on croit connaitre et qu’on connait pourtant si mal. Danielle a été formée principalement par la Dre Susan Friedman (professeure en psychologie), Jean Lessard (éducateur canin et comportementaliste), Richard Beaudet (éthologue), Michel Chanton (éthologue) et Dr Joël Dehasse (vétérinaire-comportementaliste). S’ajoutent à eux, les Chirag Patel , Simon Gadbois, Roger Abrantes , Kathy Sdao, Patrice Robert et Sonia Leblanc.

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