Communication vocale chez le chien domestique

Qui n’a jamais entendu un chien aboyer ?

Qu’il s’agisse d’un simple « Wouaf » ou de jappements forts et stridents, en passant par des grondements ou des hurlements, le chien a développé toute une série de sons au cours de la domestication. Ces vocalisations étaient très peu (ou pas du tout) utilisés par ses ancêtres sauvages, et pour cause : les canidés disposent entre eux de bien d’autres moyens pour communiquer, notamment par le biais de signaux olfactifs ou posturaux. N’oublions pas que le chien sauvage, en tant que prédateur, doit être le plus discret possible pour ne pas faire fuir ses proies. Quand au chien domestique, il a privilégié le mode de communication vocal avec l’homme, car ce dernier est plus réceptif aux signaux visuels et auditifs.

D’autre part, au cours de la domestication, les chiens ont été sélectionnés en fonction de leurs capacités physiques et mentales, parmi lesquelles « aboyer » pouvait être utile, que ce soit pour garder les villages et prévenir en cas d’attaque, ou encore être capables de s’orienter les uns vis à vis des autres. Par conséquent, certaines races ont été reproduites en fonction de leur aptitude naturelle (appelée « patron moteur » en génétique) à aboyer, comme c’est le cas de toutes les races de chiens de garde, ou des chiens de chasse à cour par exemple. Actuellement, les races étant reproduites principalement par rapport à des critères esthétiques, et non plus utilitaires, les séquences comportementales sont de plus en plus incomplètes et cela donne lieu à une très grande variabilité dans l’expression des comportements, notamment celui de communiquer oralement.

Ce qui signifie d’une part, que tous les chiens peuvent aboyer (sauf problème médical), et qu’ils le font principalement volume 9-2pour communiquer avec l’humain, et par la suite, avec leurs congénères domestiques, y compris avec d’autres espèces domestiques comme le chat ou le lapin. D’autre part, certains chiens plus que d’autres, sont « programmés génétiquement », pour aboyer, et ils ont besoin d’exprimer cette aptitude génétique (patron moteur) de quelques minutes à plusieurs heures par jour. Il s’agit là d’un besoin incompressible (que l’on ne peut réduire) qui ne peut être remplacé ou ignoré.

La  distinction entre le besoin « d’aboyer pour aboyer », ou « d’aboyer » pour faire quelque chose, ou encore « d’aboyer » pour s’exprimer, est essentielle car dans plusieurs cas, l’aboiement peut être redirigé vers quelque chose d’acceptable pour l’humain et d’agréable pour le chien, et dans d’autres cas, cela n’est pas possible.
C’est ce que nous découvrirons dans le prochain numéro!

Anne-Lise Paul, TSA, Comportementaliste canin et félin

www.azca.ca

Références :
« Que faire si mon chien… » Jim Evans 2006
« Module chiens 1 à 3 » AIICA, Richard Beaudet, 2006

Comportementaliste Praticienne et Coach Certifiée en comportement animal (chiens-chats), elle offre deux services complémentaires : - consultations, cours d’éducation canine et conférences pour le public, et - conférences et formations spécialisées pour les professionnels du milieu animalier Ses méthodes positives sont basées sur l’éthologie appliquée, la psychologie expérimentale et la biologie animale.

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